La prophylaxie chez le cheval

En médecine vétérinaire équine, on entend souvent parler de dispositifs de prophylaxie. Cependant, c’est une notion qui peut paraître complexe voire obscure pour les propriétaires ainsi que pour toutes les personnes s’occupant de chevaux. Il s’agit d’un terme regroupant différentes techniques permettant d’éviter l’apparition puis la propagation de certaines maladies. Cette notion est donc particulièrement liée à la pratique vétérinaire mais pas seulement. La prophylaxie est principalement tournée vers l’étude de maladies qui se transmettent entre individus, ce qui touche particulièrement les équidés car ils vivent souvent en groupe ou même en club très proches les uns des autres. Ces maladies sont notamment les maladies parasitaires et les maladies infectieuses.

Qu’est-ce que la prophylaxie sanitaire chez le cheval ?

La prophylaxie sanitaire est réglementée et ces contrôles doivent être réalisés par des vétérinaires sanitaires qui ont reçu une habilitation pour porter ce titre. Cette réglementation repose uniquement sur des règles d’hygiène comme la désinfection, les quarantaines (notamment pour des équidés venant de l’étranger), la mise en interdit de périmètre, l’élimination des sujets malades ou infectieux, le dépistage des infectés latents ou en incubation et le dépistage des porteurs sains ou en incubation. La réglementation sanitaire décrit précisément les acteurs devant intervenir en cas de crise sanitaire et leurs rôles. De plus, il existe des mesures spécifiques en fonction des maladies.

Plusieurs mesures d’hygiène sont ainsi recommandées pour prévenir une crise sanitaire chez les équidés :

  • Les boxes doivent être maintenus propres ;
  • Le nettoyage des abreuvoirs et des mangeoires doit être régulier ;
  • Les locaux, le matériel et les véhicules doivent être désinfectés régulièrement. Une désinfection est toujours précédée d’un nettoyage et son efficacité est liée à plusieurs facteurs (nettoyage haute pression, dosage du désinfectant, température, temps d’action, etc) ;
  • Les crottins doivent être retirés le plus souvent possible, même dans les paddocks ;
  • Séparer, si possible, les jeunes chevaux des adultes car ces derniers sont plus résistants et peuvent être porteurs de parasites ou même de maladies qui pourraient être néfastes pour les jeunes chevaux qui eux ont une couverture immunitaire plus faible ;
  • Adapter le nombre de chevaux à la taille des paddocks ;
  • Faire chaque année un vide sanitaire des pâtures ;
  • Le stockage du fumier doit être contrôlé car c’est le lieu de vie de certaines larves, comme les stomoxes, et peut être la source de foyer des maladies.

Qu’est-ce que la prophylaxie médicale chez le cheval ?

La prophylaxie médicale peut être réalisée par n’importe quel vétérinaire, pas seulement par un vétérinaire sanitaire. Elle repose sur l’utilisation de substances biologiques spécifiques comme les vaccins ou les sérums ou sur de la chimio-prévention avec des médicaments thérapeutiques.

La prophylaxie vaccinale est rigoureusement réglementée et, chez le cheval, elle concerne principalement six vaccins :

La grippe est une maladie virale très contagieuse.

La primo-vaccination se fait en deux injections, à un mois d’intervalle, puis six mois après. Le rappel se fait au minimum tous les ans. Cependant, les protocoles obligatoires sont différents s’il s’agit de chevaux s’inscrivant dans une filière sportive et participant à des compétitions nationales, internationales ou à des courses.

La rhinopneumonie est une herpesvirose à forme nerveuse, génitale ou respiratoire.

Cette vaccination n’est pas obligatoire. La primo-vaccination se fait en deux injections, à un mois d’intervalle, puis par rappels annuels. Il existe un protocole particulier pour les poulinières.

La rage est une maladie nerveuse mortelle et rare.

Ce vaccin n’est pas obligatoire en France car c’est un pays indemne de rage. La primo-vaccination se fait en une injection puis le rappel est annuel.

Le tétanos est une maladie nerveuse mortelle dans plus de la moitié des cas.

 Il y a un risque en cas de plaie. La primo-vaccination se fait en deux injections, à un mois d’intervalle. Le premier rappel se fait un an après puis tous les trois ans minimum. Il existe un sérum antitétanique à administrer en cas de plaie. La vaccination n’est pas obligatoire mais indispensable car le cheval est l’espèce la plus sensible au tétanos.

La gourme est une maladie respiratoire très contagieuse.

Cependant, le vaccin n’est plus commercialisé actuellement.

Le West Nile virus est une maladie nerveuse transmise par les moustiques.

Il existe un vaccin facultatif pour les chevaux des régions touchées, notamment dans le Sud de la France.

Les vaccins les plus courants s’administrent par injection intramusculaire. Des réactions locales ou générales peuvent survenir dans les 24 heures après l’injection. Il est conseillé de vacciner de la même manière tout un effectif de façon à ce que l’efficacité de la mesure prophylaxique soit maximale.

Une des composantes principales de la prophylaxie médicale est l’administration régulière d’antiparasitaires et notamment de vermifuges. Il est primordial de vermifuger régulièrement son animal (la dose doit être adaptée au poids) même si, chez les chevaux adultes, une fréquence de vermifugation trop importante peut être la cause de résistance des parasites aux vermifuges. Les principes de vermifugation sont différents en fonction de l’âge de l’animal mais les juments gestantes ou en lactation n’ont pas besoin d’un traitement spécifique. Pour évaluer le taux de parasites chez un cheval, le vétérinaire doit réaliser une coproscopie (quantification du nombre d’œufs de parasites dans le crottin). Cette analyse peut se faire régulièrement et est même conseillée lors des changements de saison. En fonction des résultats, l’animal peut être désigné en tant que « fort excréteur » et devra être vermifugé très régulièrement (tous les deux, trois ou quatre mois). Si votre cheval vit en groupe, il est conseillé de vermifuger tous les individus au même moment et si possible de les rentrer quelques jours après le traitement. Il est aussi conseillé de vermifuger un nouveau cheval avant son introduction dans le troupeau. De plus, pour éviter l’apparition de résistance des parasites, on recommande de faire varier le type de produits utilisés d’une vermifugation à une autre. Il existe des résistances à l’ivermectine et à la moxidectine. Un cheval atteint de parasites intestinaux peut présenter une queue ébouriffée, un poil piqué, un amaigrissement, une dysorexie (trouble de l’appétit), des diarrhées et même des coliques.

Les parasites digestifs les plus fréquemment retrouvés chez le cheval sont :

  • Les grands strongles qui peuvent présenter des symptômes graves ;
  • Les petits strongles ou cyathostomes qui sont de plus en plus fréquents et qui provoquent des symptômes plutôt discrets ;
  • Les ascaris fréquents chez le poulain, au printemps ;
  • Les oxyures qui touchent les chevaux aux boxes et qui sont résistants dans l’environnement ;
  • Les ténias ou cestodes, ce sont de longs vers plats infestant souvent les chevaux ;
  • Les gastérophiles, ce sont de petits œufs de mouche jaunes pondus sur les membres des chevaux pendant l’été et ingérés par les chevaux ;

Les médicaments ainsi que le matériel de soin doivent être rangés dans une armoire à pharmacie ou dans un local fermé et propre. Les conditions de conservation doivent être respectées. Un médicament est toujours prescrit pour un animal donné et l’ordonnance doit être conservée dans le registre d’élevage pendant cinq ans (ceci est particulièrement important pour les équidés destinés à la boucherie).

Quel est le rôle de la prophylaxie dans le cas des maladies non transmissibles chez le cheval ?

La prophylaxie tente aussi de prévenir les maladies non parasitaires et non infectieuses dans le cadre où celles-ci sont des maladies collectives. Ces affections dépendent généralement de l’environnement ou de la nutrition. Elle fait alors intervenir principalement les moyens hygiéniques présentés ci-dessus, notamment s’il s’agit d’une contamination des locaux ou de l’alimentation. Le contrôle de la qualité de l’alimentation n’est donc absolument pas à négliger.

Ce genre de situations demande à ceux qui s’occupent des soins quotidiens des chevaux d’être attentifs. La vigilance quotidienne et la prévention permettent de diagnostiquer tôt une pathologie. En cas de doute, il est conseillé de prendre la température de l’animal concerné puis d’en informer un vétérinaire.

Quelle est la réglementation en cas d’épidémie ?

La gestion d’une épidémie doit être organisée au maximum pour limiter au plus vite la propagation. Pour cela, des plans sont rédigés et les actions doivent être menées rigoureusement selon le protocole. Evidemment, en fonction des circonstances et de la maladie, les mesures sont adaptables.

Tout d’abord, il faut éviter les rassemblements d’équidés qui augmentent les risques de propagation de l’épidémie. Par exemple, une fois qu’une région a été ciblée par une épidémie, il est possible qu’il soit interdit d’organiser des concours dans cette zone. On procède ensuite à l’isolement des sujets infectés par rapport aux sujets sains et on contrôle systématiquement l’état des nouveaux arrivants. Il faut désinsectiser les écuries ainsi que les équipements de transport en cas d’épidémie où le vecteur est un insecte (exemple du West Nile, de l’anémie infectieuse des équidés ou de la peste équine). De plus, il est recommandé de supprimer les zones d’eau stagnante tout en tentant de s’éloigner des zones humides. Par ailleurs, il faut toujours réaliser en dernier les soins concernant les chevaux infectés, l’idéal étant d’avoir un matériel spécifique pour chaque équidé. Pour finir, le carnet de vaccination de chaque individu doit être à jour et exact pour éviter tout risque de diffusion de la pathologie à un animal non protégé par la vaccination.

Ainsi, la prophylaxie est un terme en réalité assez général derrière lequel se cache de nombreux aspects des soins à donner au cheval. Pour toute question sur la prophylaxie, n’hésitez pas à vous tourner vers un vétérinaire qui saura vous aiguillez à ce sujet et établir un diagnostic !

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