Quels sont les parasites du cheval ?

Les parasites du cheval sont très variés et très divers. La connaissance de cette diversité peut vous aider à les repérer, eux ou les pathologies qu’ils provoquent, de façon précoce :

Les parasites internes les plus retrouvées chez le cheval
Les parasites internes (ou vers) touchant majoritairement les chevaux appartiennent aux familles des nématodes, des cestodes voire dans certains cas aux insectes. Ils sont à l’origine d’une inflammation au niveau de la muqueuse pouvant perturber l’absorption intestinale voire peuvent parfois bloquer la motilité de l’intestin. Ces parasites internes ne sont pas tous égaux en terme de sensibilité aux vermifuges et ont des rythmes biologiques différents.

Les vers ronds, aussi appelés nématodes
La famille des nématodes regroupent plusieurs groupes dont font partis :
– Les oxyures, qui touchent principalement les chevaux au box. En effet, les oeufs se fixent sur les murs ainsi que dans les abreuvoirs. Ils provoquent une irritation péri-anale responsable d’un prurit intense. Le cheval se frotte donc la queue contre les murs.
– Les petits strongles, qui sont très fréquents. Localisés dans le tube digestif, ils sont responsables de diarrhées chroniques et d’un amaigrissement. Les conséquences pour le cheval hôte peuvent être dramatiques.
– Les ascaris, qui sont fréquemment observés chez les jeunes chevaux de moins de deux ans d’âge (plus de 50% sont touchés). Ils sont très pathogènes pour les poulains, pouvant notamment déclencher de graves coliques. De plus, des troubles respiratoires sont également décrits dus au passage des larves au niveau pulmonaire. Leurs oeufs, très résistants dans l’environnement, sont capables d’y survivre pendant plusieurs années, ce qui fait de ces vers un problème difficile à éradiquer.

Les vers plats ou cestodes
Le cestode le plus retrouvé chez le cheval appartient à la famille des Taenias. Deux chevaux sur trois sont touchés. Il provoque des diarrhées chroniques et des coliques. On le retrouve principalement chez les chevaux au pré puisque le parasite a besoin d’un acarien de pâturage pour se multiplier. L’excrétion de segments blancs (et non d’oeufs) est caractéristique. C’est en réalité un bout du vers qui se détache du reste du corps et qui pourra donner naissance à un nouvel individu.

Les insectes, et principalement Gasterophilus intestinalis
Vous en avez déjà surement vu puisque ce sont les oeufs de mouche que vous pouvez observer en été collés sur le poil de votre cheval. Le cheval les absorbe en se léchant. Les larves fixées dans l’estomac seront excrétées l’été suivant et pourront alors devenir des mouches adultes. Elles sont à l’origine des mêmes symptômes que lorsque le cheval a des ulcères.

Les parasites externes
Les maladies parasitaires retrouvées le plus fréquemment chez les chevaux sont :
– la dermite estivale récidivante due à une allergie aux piqures de Culicoides qui ressemblent à de petits moucherons actifs de manière saisonnière aux beaux jours.
– la phtiriose, c’est-à-dire l’infestation par les poux.
– la gale des paturons (aussi appelée gale chorioptique), retrouvée assez fréquemment. Elle est localisée de manière préférentielle sur les postérieurs et est à même d’entrainer une boiterie.
L’infestation par les tiques est également fréquente, ils peuvent potentiellement transmettre la piroplasmose. En saison de patûrage, les diptères sont également responsables de fortes nuisances.

Quel est le cycle d’un parasite ?

Pour bien comprendre pourquoi les parasites provoquent de tels problèmes chez le cheval et pourquoi leur éradication peut s’avérer compliquée, il est primordial de comprendre le cycle de développement d’un parasite, de dernier étant dépendant du type de parasite rencontré.

Les parasites internes sont retrouvés sous trois stades qui se succèdent : les adultes, les larves et les oeufs. Ils ont un cycle en deux phases :
– une phase externe au cheval durant laquelle les oeufs se transforment en larves. Elle peut se faire directement dans l’environnement ou nécessite un hôte intermédiaire.
– une phase interne au cheval suite à l’ingestion des formes infestantes, celles-ci pouvant être les oeufs ou les larves. Une fois ingérées, elles restent dans les intestins de l’animal voire migrent pour certaines dans d’autres organes. Elles deviennent alors des adultes capables de produire des oeufs qui seront éliminés dans le milieu extérieur par l’intermédiaire des crottins.

Et surtout, comment éviter l’infestation de mon cheval par des vers ?

Il faut tout d’abord penser à vermifuger votre animal de manière raisonnée en alternant par exemple avec des traitements ciblant certains parasites. Cette vermifugation n’a pas pour objectif d’éliminer la totalité des parasites internes mais plutôt d’éviter une infestation trop massive. Pour faire au mieux, il faudrait toujours faire précéder la vermifugation par une coproscopie afin de ne traiter que les parasites alors identifiés. Attention aux phénomènes de résistance.

Il est important de garder en mémoire que limiter l’infestation par des parasites digestifs passe avant tout par un respect des protocoles et une hygiène de vie correcte. Entretenir l’environnement du cheval est un point très important de cette gestion du parasitisme.

Bien entretenir la prairie de mon cheval au pré
Vous ne le savez peut être pas mais les parasites internes sont en fait majoritairement retrouvés dans l’environnement de votre cheval, à raison de 90% dans les pâtures. L’entretien des pâtures devient donc essentiel pour limiter la contamination de votre animal. La première façon d’entretenir la prairie de votre cheval consiste à ramasser les crottins. En effet, comme vu précédemment, les oeufs sont excrétés dans les crottins. Leur ramassage permet donc d’éliminer les oeufs excrétés. Il est vrai que cela est contraignant et n’est pas forcément favorable pour l’environnement. Cela est donc fortement recommandé dans les pâtures destinées aux poulains et aux jeunes chevaux à garder les plus saines possibles, dans les petits paddocks…
Vous pouvez également faucher vos prairies. Les larves ne peuvent alors plus s’abriter et sont exposées aux UVs ce qui les détruits. Pensez enfin à éviter les zones marécageuses qui favorisent le développement des vers. Vous pouvez également assécher certaines zones trop humides.

Bien gérer ses pâtures
Il faut savoir que la densité recommandée dans une pâture est d’un cheval par hectare. Les poulains et les jeunes chevaux étant très sensibles au parasitisme, il convient de mettre ces animaux dans les pâtures les moins contaminées par des parasites. Faites attention à certaines pratiques qui sont connues comme augmentant la contamination des pâtures :
– éviter l’épandage direct de fumier. Il est préférable de composter le fumier avant puisque cela détruit les larves et même les oeufs.
– éviter le hersage qui étale les crottins et dissémine les larves.
– éviter le surpâturage, qui consiste à mettre des animaux à saturer sur des terrains où l’herbe est déjà très rase. Les chevaux mangent alors davantage proche des refus où les parasites sont fortement présents.
De plus, suite à une vermifugation, il est important de changer les chevaux de pâture. Il faut toujours faire attention aux résistances de certains parasites à certains vermifuges. Cela induit qu’il est important de bien gérer ses pâtures pour limiter au maximum la contamination de celles-ci, d’autant plus que les parasites sont résistants.

Et pour mon cheval vivant au box ?
Pour le cheval vivant au box, une bonne désinfection régulière est primordiale. Cette désinfection concerne les murs du box ainsi que les mangeoires et abreuvoirs. De plus, un ramassage quotidien des crottins est nécessaire. Le boxe doit être curé une fois par semaine.

Il n’est pas forcément possible de mettre en place l’ensemble de ces mesures mais elles permettent de diminuer fortement la pression parasitaire dans l’environnement du cheval.

Alors, que faire contre des parasites externes ?

Pour lutter contre les parasites externes, des antiparasitaires externes sont à utiliser ponctuellement ou régulièrement. Certains sont utilisés directement sur les animaux tandis que d’autres permettent de lutter contre l’infestation (des insectes notamment) dans les bâtiments. Ils permettent alors d’éviter l’énervement des animaux liés aux insectes volants. A leur utilisation doivent s’ajouter des mesures sanitaires évitant ou limitant les réinfestations à l’instar d’un nettoyage des écuries, d’un vide sanitaire (par exemple après le passage d’un animal galeux) ou d’une quarantaine pour les nouveaux entrants.

De nombreux parasites, internes et externes, sont retrouvés chez les chevaux. Il est important de bien gérer la pression parasitaire sachant que le but n’est pas non plus d’éliminer totalement l’ensemble des parasites. L’entretien du milieu est primordial.