Propreté et qualité de l’eau, importance, contrôle et solutions

L’eau est le composant essentiel de tout être vivant. Chez le cheval, elle représente en moyenne 60% de son poids. Il est impératif qu’elle soit distribuée à volonté, mais aussi qu’elle soit contrôlée régulièrement pour assurer le bon état de santé de l’animal.

Quels sont les bienfaits de l’eau cheval ?

Plusieurs facteurs influencent la teneur en eau d’un cheval. En fonction de l’âge, du sexe mais aussi de la race, les proportions ne sont pas les mêmes. De plus, l’état d’engraissement est inversement corrélé à la proportion en eau d’un organisme car le tissu adipeux dispose de la plus faible proportion en eau de l’organisme. L’eau apporte des ions qui sont absolument indispensables au fonctionnement de l’organisme : l’eau intracellulaire contient principalement du potassium, du magnésium et des phosphates alors que l’eau extracellulaire est surtout riche en sodium, chlore et bicarbonates. Une partie de ces ions provient directement de l’eau ingérée, elle permet une couverture partielle des besoins.

L’eau exerce de nombreuses fonctions au sein d’un organisme animal ce qui en fait un élément indispensable à la vie. En effet, l’eau est le siège de réactions biochimiques essentielles. L’eau est aussi un agent de thermorégulation puissant. Alors que la chaleur produite par 20 minutes d’effort musculaire intense est capable de coaguler l’ensemble des protéines de l’organisme, l’eau, par la sudation, permet d’éviter cette situation catastrophique. De plus, l’eau a un rôle majeur dans la digestion. Elle permet l’avancée du bol alimentaire le long du tube digestif, fondamental chez les équidés connus pour la longueur impressionnante de leur intestin. Cela explique que les chevaux déshydratés sont particulièrement sujets aux coliques. De plus, l’eau participe à l’absorption des nutriments de l’intestin aux cellules. Sans oublier d’autres fonctions toutes aussi fondamentales remplies par l’eau : lubrificateur articulaire, milieu optique de l’œil, transmission du son, système hydraulique d’amortissement du système nerveux central, détoxification…

Quels sont les risques associés à la consommation de l’eau cheval ?

Chez un cheval, les apports en eau sont de deux types :

  1. L’eau exogène, comprenant principalement la boisson qui est soumise à une régulation hormonale touchant la soif ainsi que la diurèse (degré d’absorption d’eau dans les urines) mais aussi l’eau des aliments. La teneur en eau de ces derniers varie : elle peut atteindre 85% pour l’herbe au printemps, environ 30% pour l’enrubanné et 15% pour les aliments dits conservés (foin ou granulés).
  2. L’eau endogène, pour qui, chez un cheval, on estime que 1000 kcal apportent 120 g d’eau à condition que la ration soit équilibrée.

Les réserves en eau d’un cheval sont faibles car elles constituent moins de 10% de l’eau de l’organisme. D’où la nécessité absolue qu’un cheval dispose d’eau à volonté.

Au moment de l’abreuvement, l’animal doit porter l’eau à la température du corps (entre 37,5 et 38°C pour un cheval au repos). Si l’eau de boisson est trop froide, il y a un risque de coliques. Plusieurs facteurs sont responsables de variations du besoin global en eau d’un cheval. Il s’agit notamment de la teneur en matière sèche de la ration, de la température ambiante (en cas de fortes chaleurs, l’animal a une sudation plus importante et donc boit plus, alors que quand les températures sont basses, il a tendance à limiter sa consommation), du stade physiologique de l’animal et de l’hygrométrie. Pour un cheval au repos, on estime que les besoins quotidiens en eau sont de 35 à 40 litres alors que, pour un cheval au travail, ils peuvent atteindre 100 litres.

Quels sont les différents types de déshydratation chez le cheval ?

Chez le cheval dont l’alimentation est dite très aqueuse car végétale, l’urine constitue 60 à 70% des pertes d’eau. Un cheval émet entre 4 et 5 litres d’urine par jour ce qui est loin d’être une quantité négligeable. Cependant, il ne faut pas oublier que l’excrétion urinaire s’équilibre en s’adaptant aux autres pertes. Les selles constituent aussi une perte d’eau chez le cheval, et sont par ailleurs constituées à 80% d’eau. Un animal souffrant de diarrhées est victime de pertes d’eau plus conséquentes.

Les pertes pulmonaires et cutanées ne sont pas à négliger. Pour un équidé, cela comprend uniquement la sudation. On l’estime à 2 kg d’eau par m² de peau et par heure. Ces pertes sont bien plus importantes pendant une activité physique : 1 h de pas est responsable d’une perte d’eau d’environ 1 kg alors qu’une heure de trot peut provoquer une disparition de 4,2 kg. Il existe aussi des pertes liées à la reproduction, notamment au moment de la lactation. Cela explique que les besoins en eau d’une jument en lactation ou même gestante soient supérieurs à ceux d’un cheval au repos.

Comment abreuver mon cheval ?

Il est primordial qu’un cheval dispose d’eau propre et fraîche en permanence afin qu’il puisse boire à sa guise. Cette dernière peut provenir d’eau du réseau, d’eau de captage, d’eau de rivière ou même d’eau de pluie. Deux modalités sont largement répandues, un seau à remplir régulièrement (permettant de contrôler la quantité bue par l’animal quotidiennement) ou, plus fréquent et plus pratique, l’abreuvoir automatique, il en existe deux types :

  • L’abreuvoir à niveau constant ;
  • L’abreuvoir à palette, où le cheval actionne l’arrivée d’eau par lui-même, il faut donc que l’animal en ait compris le fonctionnement pour qu’il ait constamment accès à l’eau.

Il est également important de vérifier régulièrement l’arrivée d’eau (notamment l’hiver, en cas de gel des canalisations), la qualité et bien évidemment l’abreuvoir lui-même, notamment son fonctionnement et sa propreté. Dans un box, il est conseillé de placer l’abreuvoir loin de la mangeoire. De cette façon, le risque d’accumulation de granulés est diminué. Généralement, l’abreuvoir est placé dans un angle, à une hauteur variant de 1 m à 1,30 m. Des arceaux de protection peuvent être placés pour protéger les abreuvoirs au cas où un cheval s’y gratte ou tape dedans. Il faut aussi particulièrement surveiller les chevaux qui y font leurs crottins.

En cas de transport très long, il ne faut pas oublier les pauses pour proposer au cheval de s’abreuver, surtout que sa sudation peut être augmentée par la chaleur et le stress occasionné par le transport.

Enfin, de nombreux critères sont à prendre en compte quant à la potabilité d’une eau :

  • Qualité microbiologique : ni parasite, ni virus, ni bactéries pathogènes ;
  • Qualité chimique : des normes européennes sont à respecter concernant les sels minéraux et les substances chimiques ;
  • Qualité physique : eau claire, limpide, aérée et ne présentant pas d’odeur désagréable ;
  • Substances « indésirables » : présence tolérée quand elle reste inférieure à un certain seuil (exemple du fluor et des nitrates) ;
  • Substances aux effets toxiques : les teneurs tolérées sont extrêmement faibles (exemple du plomb et du chrome).

Il est possible et même conseillé de demander une analyse d’eau par un laboratoire.

Quelles conséquences en cas de défaut d’abreuvement chez mon cheval ?

Un manque d’abreuvement peut être à l’origine d’une chute de croissance et de production pour le cheval ou poney. Cette production correspond à une baisse de lactation, pour une poulinière, mais surtout à une réduction du travail musculaire. La déshydratation extracellulaire induite par l’effort engendre un mécanisme de sudation. En cas de défaut d’abreuvement chez le cheval, ce mécanisme est dégradé, détériorant ainsi l’effort musculaire à tous les niveaux (intensité mais aussi durée).

Le défaut d’abreuvement a aussi des répercussions sur la santé de l’animal. La déshydratation est à l’origine d’une perte d’appétit de 4 à 5%, d’une incoordination et d’une difficulté respiratoire de 6 à 10% mais aussi d’une augmentation de la température centrale de 12 à 14%. Cette dernière conséquence peut même conduire à la mort de l’animal. En cas de déshydratation poussée, le cheval peut être atteint de colique, de myosite (coup de sang) ou même de fourbure.

Il est possible d’évaluer le statut hydrique de l’animal. Pour ce faire, il existe plusieurs techniques comme celle du pli de peau : si l’animal est correctement hydraté, le pli disparaît quasi immédiatement alors que, sur un animal déshydraté, il prend plus de 2 secondes à disparaître (plus le temps est long, plus l’animal est déshydraté). Il est également possible de tester le temps de recoloration capillaire. Pour cela, il faut appuyer vivement sur la gencive avec son doigt. Si l’animal est bien hydraté, la couleur rose revient en 2 secondes mais s’il est déshydraté, le temps de recoloration est plus long.

L’état pathologique d’un animal peut modifier sa prise de boisson. Les pathologies dont les effets sur l’abreuvement du cheval sont reconnus sont la maladie de Cushing (responsable d’une surconsommation d’eau à l’origine d’urines plus abondantes et donc d’un travail excessif des reins), le diabète insipide, les urolithiases, les affections rénales et cardiaques et les diarrhées. On peut aussi observer une augmentation de la boisson et donc du volume d’urine chez un cheval qui consomme beaucoup d’électrolytes (cas de celui qui passe son temps à lécher sa pierre à sel).

Pour résumer, chez le cheval, l’eau est le premier et le plus important des nutriments. Cette ressource doit être distribuée à volonté à condition qu’elle soit de qualité. Cela demande un contrôle quotidien et rigoureux des systèmes mis en place pour la boisson. Les besoins en hydratation sont variables en fonction de l’âge de l’équidé, de son état physiologique, de son environnement et de la présence de pathologie. L’abreuvement, s’il est insuffisant, peut avoir un impact très nocif sur la santé de l’animal.

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