Soigner son cheval par les plantes : le pissenlit

Alors que la nature explose, il est intéressant de comprendre un peu mieux pourquoi certaines plantes sont particulièrement indiquées pour nos chevaux.

Le pissenlit est une plante vivace en Europe qu’on voit partout dans les prairies, les champs et sur les bords des chemins. D’ailleurs, votre cheval ira naturellement le brouter, ainsi que ses fleurs et ses tiges. Vous pourrez aussi utiliser ses racines, mais nous verrons également qu’il ne faut pas le confondre avec la porcelle enracinée.

D’où vient le pissenlit ?

Comme de nombreuses plantes oubliées par nos modes de vie, nos arrières grand-parents utilisaient le pissenlit sous toutes sortes de formes :

  • La racine séchée peut se boire sous forme de décoction ;
  • Les feuilles peuvent être consommées en salade ou séchées en infusion ;
  • Les boutons de fleurs se mangent ;
  • Avec les pétales jaunes on fait du « vin de pissenlit. ».

En réalité, c’est depuis le Moyen-Age qu’on retrouve des traces d’utilisation dans la pharmacopée.

Les feuilles fraîches ou coupées sont des diurétiques, ce qui expliquerait l’origine du nom « pisse-en-lit », car elles stimulent les reins et le système urinaire en aidant à éliminer les toxines du foie.
Il aide aussi pour les « petits » troubles de digestion comme la constipation ou les ballonnements. Le pissenlit élimine et nettoie l’organisme après des excès.

Quels sont les bienfaits du pissenlit ?

Les feuilles sont naturellement riches en minéraux : calcium, fer, cuivre, magnésium, potassium, sodium, zinc, mais aussi en vitamines A,B,C et K et bêtacarotène (précurseur de la Vitamine D).

C’est au printemps que les feuilles sont plus riches en molécules actives. Les racines, quant à elle, seront plus intéressantes à l’automne, en particulier pour la flore digestive.

Les molécules du pissenlit sont reconnues dans l’hépato protection : elles aident à éliminer les toxines, augmentent la production et l’élimination de la bile. On lui connaît d’autres vertus notamment pour calmer les inflammations digestives et stimuler le système digestif. C’est donc une plante d’élimination des toxines diverses par voies urinaire et hépatique.

Chez le cheval, le pissenlit va participer au bon fonctionnement des reins. Soit il va les brouter naturellement et il saura s’arrêter quand il en aura assez, soit vous pouvez lui donner 50 grammes de fleurs séchées, ce qui correspond à environ 5 grosses poignées.

La porcelle enracinée, le « pissenlit » toxique pour le cheval

Une autre plante à fleur jaune, ressemblant fortement au pissenlit, est toxique pour les chevaux : la porcelle enracinée.

L’année de la grande sécheresse en 2003, la canicule a profité à la porcelle enracinée, affectionnant tout particulièrement les terrains secs. Dans les prairies où cette plante était présente, une recrudescence du « Harper de forme australienne » a été constaté. Cette affection est épizootique et frappe donc un groupe d’équidés présents sur les mêmes prés. Elle se caractérise par une hyper flexion des membres postérieurs, où le cheval a du mal à donner les pieds, tourner ou reculer. Le syndrome dit du « harper », vient du fait que visuellement, le cheval semble jouer de la harpe avec ses pattes arrière.

Cette maladie est dite de forme australienne, car c’est en 1989 qu’elle a été répertoriée pour la première fois lors d’un épisode de grande sécheresse. En réalité, la plante atteint les fibres nerveuses, notamment les nerfs fibulaires qui jouent un rôle dans la contraction réflexe d’un muscle. Ce sont des troubles neurologiques périphériques qui sont en cause, mais la toxine à l’origine de la maladie n’a pas encore été isolée.

Encore peu connue, il faut néanmoins s’en méfier et éloigner les chevaux de cette plante, car ils pourraient tout aussi bien la confondre avec le pissenlit.

Il est donc important pour vous de pouvoir les distinguer :

  • La porcelle enracinée a des tiges beaucoup plus longues et dures que le pissenlit ;
  • Sa fleur est plus plate, moins en boule ;
  • La porcelle enracinée se trouve sur des prairies pauvres et sèches, alors que le pissenlit est souvent au milieu d’herbes grasses.

C’est principalement lors de fortes chaleur qu’il faut être vigilant, notamment dans les régions Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes et Vendée. La plupart des articles ayant pour sujet ce type de pissenlit toxique datent de 2004, soit après l’année de grande sécheresse où il y a eu une multiplication de cas dans les régions du sud. La sécheresse avait éliminé la nourriture habituelle, mais le porcelle enracinée y résiste très bien.

Toutefois, pas trop d’inquiétude, cette variété est nettement moins fréquente que le pissenlit, visible partout.

Laissez donc votre cheval le brouter sans modération, il saura s’arrêter à temps. Le printemps est le meilleur moment pour ce nettoyage du foie, donc trouvez des prés ou des bords de route fleuris !

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