Suros chez le cheval : comment prévenir et soigner ?

Le suros est un problème que l’on retrouve assez régulièrement chez les chevaux. Il est parfois douloureux pour l’animal ou simplement disgracieux. Il existe différents moyens pour essayer de les éviter ou de s’en débarrasser. Nous allons donc voir ce qu’est un suros, ses causes mais aussi les soins à apporter.

Le suros chez le cheval, c’est quoi ?

Comme son nom l’indique, le suros se situe sur un os. Il provient d’une inflammation de celui-ci, il est la conséquence d’une blessure de la fine couche membraneuse recouvrant l’os. Blessure qui déclare une inflammation de la couche externe, uniquement sur les os longs, également appelée périostite. Suite à cette inflammation, du tissu vient combler l’agression et former un cal périostal. Le suros est donc le plus souvent visible directement sur le cheval, à l’œil nu, et touche principalement le canon, mais peut également être présent sur le carpe ou le tarse.

Quel est l’impact du suros sur le canon du cheval ?

Le suros touche donc principalement le canon et en général sa face interne. Le canon est constitué de trois os :

  • Un gros os central, le métacarpe/ métatarse III ;
  • Deux os rudimentaires (les métacarpiens/ métatarsiens II et IV).

Les os rudimentaires sont placés de chaque côté et sont reliés au métacarpe/métatarse III par des ligaments. Ils sont importants dans le soutien du canon et ont un rapport assez étroit avec le ligament suspenseur du boulet, indispensable à la bonne locomotion de l’animal. Enfin, avec l’âge, les ligaments interosseux peuvent s’ossifier assez facilement. Cette ossification est considérée comme normale et ne pose pas de problème. Cependant, un phénomène inflammatoire en découle parfois et c’est à ce moment qu’un suros peut se former. Il est considéré comme un processus pathologique. Il n’est pas systématique mais il reste fréquent.

Quelles sont les causes de l’apparition d’un suros chez le cheval ?

Le suros peut avoir pour origine un traumatisme externe direct comme un coup d’un autre cheval ou si l’animal se cogne d’une façon ou d’une autre. Son origine peut aussi être un traumatisme direct interne comme de mauvais aplombs et un cheval qui se touche et se cogne lui-même. On sait donc que le suros peut avoir diverses origines mais il s’agit toujours d’un traumatisme physique ; du cheval à lui-même, d’un congénère ou bien d’une structure fixe. Il peut aussi apparaitre à la suite d’une fracture. On peut donc difficilement l’éviter… Le choc peut arriver n’importe quand et dans n’importe quelle situation, il faut alors espérer avoir un peu de chance ! Il n’y a pas de moyen de prévenir l’apparition d’un suros. Il faut juste essayer de minimiser les risques de chocs, en utilisant les protections lors du travail du cheval afin d’absorber les éventuels chocs.

Une dernière possibilité existe : l’élongation du ligament présent entre l’os métacarpe III et l’os rudimentaire interne (donc le métacarpe II) peut faire apparaître un suros. En effet, le ligament se calcifie avec l’âge, les os se soudent alors entre eux et une excroissance, appelée suros, peut alors se former.

Comment se forme un suros sur le cheval ?

Pour bien comprendre ce qu’est un suros et sa formation, il faut d’abord étudier un os classique. Un os est composé d’une partie centrale que l’on appelle médullaire et qui est à l’origine des globules rouges. Les deux extrémités de l’os sont spongieuses et ont un rôle dans l’amortissement (nous ne nous intéressons qu’aux os longs ici, le plus sujet aux suros). Autour de la cavité médullaire, on retrouve un os plus compact et en superficie une couche que l’on appelle le périoste. Le suros se forme alors entre la couche d’os compact et le périoste à cause d’un remodelage osseux, un déséquilibre entre les ostéoclastes, qui détruisent l’os, et les ostéoblastes, qui le forment. Le suros est donc une tare dure, et n’est pas d’origine tumorale.

Un suros est-il douloureux pour le cheval ?

Lors de sa formation, le suros est douloureux pour l’animal. Il n’est alors absolument pas envisageable de travailler ce cheval. Il a besoin de repos et de calme mais aussi de l’éventuelle visite d’un vétérinaire pour administrer un traitement qui permet d’atténuer la douleur. Cependant, quand la formation du suros est terminée et qu’il est stabilisé, l’ossification est terminée et, en général, la douleur disparaît. Selon l’emplacement du suros, la sensibilité est différente. Il peut être simplement disgracieux, en avant du canon par exemple, et ne générer aucune douleur. Il peut aussi être placé dans des zones sensibles, comme à proximité du fameux ligament suspenseur du boulet, et donc engendrer un frottement douloureux à chaque mouvement.

Il n’est pas rare de voir un cheval, avec un suros, boiter continuellement ou bien par intermittence. La boiterie est souvent très visible sur un sol dur au grand trot. Afin de confirmer ou non la douleur engendrée par le suros, il faut appeler un vétérinaire. Un examen orthopédique, accompagné de radiographies et d’échographies, permettent de connaître l’exacte position du suros et donc si douleur il y a. On verra alors si le suros est susceptible de comprimer une structure ligamentaire ou tendineuse. La boiterie peut aussi être causée par une gêne lors du déplacement du membre selon l’emplacement du suros, sans douleur.

Quels sont les types de suros cheval ?

Il existe en effet plusieurs types de suros :

  1. Le plus classique, le suros « vrai » qui est une classique excroissance fibreuse et/ou osseuse de l’espace interosseux secondaire à une inflammation ou une atteinte du ligament suspenseur du boulet.
  2. On peut aussi entendre parler du suros « invisible ». Il est placé entre le canon et le ligament suspenseur du boulet. On ne peut pas l’observer d’extérieur mais il peut être palpable selon sa taille et son stade de développement.
  3. Il existe également ce qu’on appelle la réaction périostée. Il s’agit d’une inflammation qui résulte d’un choc et qui se développe directement sur le périoste de l’os, à ne pas confondre avec un suros « vrai » qui se développe entre le périoste et la couche d’os compact, plus profonde.
  4. Pour finir, on peut aussi parler du suros « du genou ». Il est placé beaucoup plus haut qu’un suros classique du canon, proche de l’articulation du carpe ou du tarse. Son emplacement est généralement problématique puisque, proche de l’articulation, il peut provoquer de l’ostéoarthrose.

Quels traitements contre le suros chez le cheval ?

Les traitements envisagés lors de la formation du suros consistent à diminuer l’inflammation locale et les contraintes osseuses, ainsi le vétérinaire administre des anti-inflammatoires et une cryothérapie gazeuse avec une évidente période de repos. Le but principal est de diminuer l’excroissance osseuse car en réalité, on ne peut pas l’empêcher. Des bandages compressifs peuvent également être utilisés pour dissiper l’inflammation. On conseille aussi les bandes froides ou bandes réfrigérantes, que l’on trouve maintenant assez facilement dans le commerce, ou tout simplement des douches à l’eau froide.

Une fois la phase aiguë passée, l’induration est faite et le suros est stable. On ne peut donc plus le faire diminuer en taille comme ci-dessus. S’il produit une gêne au niveau tendineux, une chirurgie peut être réalisée. Elle est cependant souvent déconseillée dans la mesure où l’inflammation post opératoire peut induire également une réaction périostée. Aujourd’hui, de plus en plus de séances d’ondes de chocs ou de laser sont réalisées. Elles permettent de diminuer la taille du suros, jugé disgracieux ou tout simplement gênant pour l’animal.

La ferrure doit aussi être adaptée en fonction de l’emplacement et de la taille du suros, un maréchal ferrant doit être contacté. Il répartira alors les pressions sur les pieds pour essayer de diminuer la gêne de l’animal. Si le suros ne produit aucune gêne pour le cheval, ce qui est généralement le cas, un retour au travail progressif est conseillé mais cela ne dérangera pas la monte ou sa vie en général.

Acheter un cheval avec un suros ?

On peut alors se demander si, lors d’une visite d’achat, il est judicieux de prendre un cheval avec un suros. La réponse dépend de sa localisation. Si les examens vétérinaires montrent que le suros n’est pas gênant ni douloureux pour le cheval, alors on peut prendre ce cheval sans hésitation. Une fois le suros stable, il ne bougera plus et donc n’empêchera pas le travail du cheval. Au contraire, si le suros se trouve à proximité de tendons ou de ligaments, notamment le ligament suspenseur du boulet, et s’il risque d’engendrer des frottements, alors une réserve à l’achat doit être émise.

Voici donc les principaux conseils pour éviter l’apparition d’un suros ou pour minimiser son développement. Vous avez désormais toutes les clés qui permettent l’estimation de la gravité et de la gêne d’un suros pour votre cheval. En revanche, il est vivement conseillé d’appeler votre vétérinaire pour un doute, pour un traitement ou pour des explications. Le suros n’est problématique que dans certains cas et n’empêche donc généralement pas la vie de l’animal !

Charlotte Bernard, élève vétérinaire auprès du Dr Timothée Audouin, vétérinaire et consultant en e-santé animale.

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