Teigne cheval : Les meilleures façons de la soigner

La teigne est une maladie parasitaire bénigne que l’on retrouve chez le cheval, les chiens, les chats et l’homme, caractérisée par des dépilations circulaires au niveau du système cutané sur tout le corps ou bien localisées. La teigne est extrêmement contagieuse d’un cheval à l’autre et c’est pourquoi la gestion de cette maladie est très contraignante, même si les symptômes sont bénins. Elle se transmet très facilement par contact direct, au sein d’un même troupeau, ou même indirectement par le biais de matériel commun.

Qu’est-ce que la teigne cheval ?

La teigne peut être due à plusieurs espèces de parasites. Ceux s’attaquant aux équidés sont rarement les mêmes que les parasites canins, félins et humains. La teigne du cheval est donc rarement transmissible à l’homme. Elle est due à des champignons filamenteux appelés dermatophytes, donnant leur nom à la teigne, aussi appelée dermatophytose. Les dermatophytes sont des champignons aérobies (ils ont besoin d’oxygène pour se développer) et se développent mieux dans les environnements chauds et humides. Ils sont kératinophiles : ils s’attaquent principalement à la kératine du poil et des couches cornées de la peau. Les dermatophytes s’attaquent donc aux follicules pileux en coupant le poil à sa base, formant des dépilations circulaires caractéristiques où la zone paraît tondue. Les deux genres de dermatophytes les plus fréquents sont Trychophyton spp et Microsporum spp.

La teigne se caractérise d’abord par un temps d’incubation d’environ une à quatre semaines, au cours desquelles il n’y a pas de symptômes mais le champignon se développe directement au sein des follicules pileux. Le premier symptôme observé va être des élévations de poils circulaires d’environ 2 à 6 cm de diamètre. Par la suite, le poil tombe et on observera des dépilations. Au sein de ces dépilations, le poil est donc cassé à sa base et non pas épilé. Il n’y a pas de démangeaison cutanée et les croûtes ou les infections sont rares. On observe parfois des desquamations (perte de la couche cornée de la peau) au sein des lésions, lorsque le champignon s’attaque à la peau. S’il y a une surinfection, on pourra observer des démangeaisons, mais la teigne en tant que telle ne provoque pas de grattage. Il n’y a normalement pas d’autres symptômes observés. Les champignons s’attaquent préférentiellement aux chevaux dont l’immunité est la plus basse (jeunes chevaux, malades, âgés ou fragiles). Chez un cheval déjà affaibli, la teigne peut participer à son abattement.

La teigne peut être facilement confondue avec d’autres maladies entraînant des dépilations, comme les poux, la gale ou les dermatites, c’est pourquoi un avis vétérinaire est recommandé. Cependant, les autres affections citées ici impliquent fréquemment des croûtes, des infections et des démangeaisons, alors qu’elles sont rares ou absentes dans le cas de la teigne.

Elle a longtemps été considérée comme une affection saisonnière, touchant préférentiellement les chevaux à la saison hivernale. Elle peut pourtant toucher les équidés à toutes les périodes de l’année.

Quel est le traitement de la teigne cheval ?

La plupart du temps, la teigne disparaît d’elle-même au bout de quelques semaines, lorsque l’immunité du cheval prend le dessus. Cependant, il est recommandé de traiter son cheval dès les premiers signes, afin d’empêcher la propagation au sein d’une écurie. Des traitements locaux seront proposés dans un premier temps, comme un produit en spray à pulvériser ou bien à shampouiner sur tout le corps. Le traitement local en pulvérisation nécessite d’être répété tous les jours pendant quelques jours. Il est moins efficace que le shampoing intégral mais beaucoup plus facile à réaliser. Le corps doit être traité intégralement et pas uniquement les lésions. Le shampoing, quant à lui, doit être répété environ quatre fois, à 3/4 jours d’intervalle à chaque fois. Le shampoing est uniquement à privilégier lorsque la météo est clémente, pour éviter que le cheval ne prenne froid.

Le traitement n’est efficace que si tous les chevaux sont traités, même ceux qui ne présentent aucun symptôme pour l’instant. Dans le cas contraire, ils se recontamineront très rapidement les uns les autres.

Un traitement par voie orale en complément du traitement local peut aussi être proposé par le vétérinaire dans les cas les plus graves, pour accélérer la guérison. Il est à administrer sous forme de poudre à intégrer à l’alimentation pendant quelques jours. Cependant, son efficacité n’est démontrée que sur Trichophyton equinum, la forme la plus fréquente. Aussi, il n’est autorisé de donner ce traitement oral qu’aux chevaux interdits à la consommation humaine.

Le vétérinaire pourra réaliser un raclage sur les lésions puis une mise en culture afin de déterminer le type de champignon mis en cause, ce qui lui permettra d’affiner son diagnostic et de déterminer par quel biais les chevaux se contaminent (sol, matériel, contact direct…), et si ce champignon est transmissible à l’homme et aux autres animaux de compagnie. Cette pratique peut permettre d’enrayer l’épidémie, en sachant tout de même que ce type d’analyse a le désavantage d’être, d’une part, coûteux, d’autre part, particulièrement long (environ quatre semaines). Son efficacité est donc discutable, la teigne ayant souvent disparu d’elle-même au bout de quelques semaines.

Des précautions d’hygiène sont à adopter afin d’éviter la contamination des autres équidés durant le traitement. Il est recommandé d’isoler son cheval pendant la durée du traitement. Les poils tombés et contaminés doivent être brûlés. Son matériel (brosses, licol, couvertures) doit être trempé plusieurs heures dans une solution antifongique. Le corps entier doit être traité même si les lésions sont pour l’instant locales. Durant la manipulation du cheval, il faut toujours porter des gants et éviter d’aller manipuler d’autres chevaux par la suite.

Par la suite, les poils vont repousser mais parfois pas de la même couleur que le reste du corps. Des compléments alimentaires peuvent être utilisés pour stimuler la repousse du poil. Il faut noter le nombre de lésions circulaires sur le cheval, pour pouvoir surveiller l’évolution de la maladie. Les anciennes lésions peuvent mettre quelques temps à disparaître, à cause du temps de repousse du poil, mais de nouvelles lésions ne doivent pas apparaître sur un cheval traité.

Quels sont les moyens de prévenir la teigne cheval ?

Le problème majeur de la teigne est sa persistance dans l’environnement, plusieurs mois en général, jusqu’à 18 mois dans certaines écuries. En effet, le dermatophyte se reproduit sous forme de spores, très résistants malgré les conditions extérieures. La contagion se fait de manière directe, entre deux animaux, ou de manière indirecte, par le matériel commun, les abreuvoirs, l’Homme, ou même les insectes piqueurs. Il est même possible qu’un cheval se recontamine avec des spores ayant survécu longtemps dans le sol. En effet, lorsque les fragments de poils d’une dépilation tombent, les spores contaminent le sol ou bien une partie saine du poil du même cheval. La teigne est particulièrement problématique dans des endroits où les chevaux vivent en nombre important et en troupeau : la contagion est très facile et l’environnement reste infecté pendant une très longue période.

Tous les équidés peuvent être touchés par la teigne. Cependant, les jeunes y sont plus sensibles, leur système immunitaire n’étant pas encore mature. Toute baisse d’immunité liée à une autre parasitose (poux, etc.) ou un traitement antibiotique par exemple peut favoriser le développement de la teigne.

Dans la majeure partie des écuries, on peut donc considérer qu’il y a des spores présentes en dormance. La prévention est donc très importante : il faut limiter les échanges de matériel entre les chevaux. L’écurie doit être bien ventilée et si possible, entièrement désinfectée environ une fois par an. Lors de l’introduction d’un nouveau cheval, il est fortement recommandé de le mettre en quarantaine pendant quelques temps, pour éviter d’introduire à nouveau la teigne au sein du troupeau. Les espaces chauds et humides sont les plus à risques.

La teigne est donc bénigne mais doit être traitée avec des mesures d’hygiène drastiques et un traitement antifongique. La prévention est le meilleur moyen d’empêcher la réapparition de la teigne au sein d’une écurie. La vigilance est de mise, surtout au sein des grosses concentrations de chevaux présentant un grand effectif (élevage, centre équestre), au sein desquels la teigne gagne du terrain plus facilement.

Romane Trapier, élève vétérinaire du Dr Timothée Audouin, vétérinaire et consultant en e-santé animale.

Découvrez également les dernières actualités et articles sur notre blog :

La naturopathie équine et le printemps - Le Paturon
Harcour vous offre 20 places pour cet été à Paris - Le Paturon
La spiruline pour le cheval - Le Paturon