Tendinite du cheval : qu’est-ce que c’est et comment la soigner ?
La tendinite, c’est-à-dire une inflammation du tendon, est une pathologie très fréquente, notamment chez les chevaux de sport. Selon le type de tendon lésé, elle peut avoir des conséquences plus ou moins importantes. Une bonne rééducation sera primordiale pour le futur sportif de votre cheval et éviter toute récidive.
Qu’est ce qu’une tendinite chez le cheval ?
Les muscles sont rattachés aux os du cheval au moyen de tendons, ces derniers étant des structures fibreuses assez élastiques, qui soumises à de grandes forces et contraintes, rendent possible le mouvement. Malgré tout, les tendons ne sont pas étirables à l’infini et peuvent se rompre. La tendinite est, par définition, une inflammation d’un tendon provoquée par une déchirure partielle.
Le cheval de course est très sujet aux tendinites du fait de l’intensité de la contrainte appliquée sur ses membres. Le cheval de sport y est également très sensible. Les tendons les plus touchés par les tendinites sont :
- En premier lieu, le tendon fléchisseur superficiel du doigt, aussi appelé le « perforé ». En effet, ce tendon est celui qui subit le plus de contraintes. Il s’insère à l’arrière du radius ainsi qu’au niveau de la phalange moyenne et proximale. Il est sollicité lors de l’amortissement. La partie située au niveau du canon est la plus lésée.
- En second lieu, le tendon fléchisseur profond du doigt, aussi appelé « le perforant ». De nombreuses lésions sont observées sur celui-ci. Ce tendon commence au niveau de la pointe de l’olécrane et de l’humérus et s’insère au niveau de la phalange distale (en coulissant sur l’os naviculaire) ainsi qu’au niveau du carpe par la bride carpienne. Il est fortement sollicité lors de la propulsion. Si la lésion est localisée au niveau de l’insertion sur la phalange distale, la tendinite est alors une forme du syndrome naviculaire. Les chevaux de CSO sont particulièrement sujets à cette tendinite.
Comment savoir si mon cheval a une tendinite ?
Intéressons nous aux tendinites des divers tendons :
- La tendinite du tendon fléchisseur superficiel apparaît souvent de manière brutale lors d’un effort important. Le membre est alors fortement déformé à l’arrière du canon : on dit que le cheval a une « banane ». La zone est alors chaude et douloureuse. Avant cette phase aigüe, le tendon est en général déjà un peu lésé mais ne provoque pas de boiterie : c’est la phase pré-clinique. Dès l’apparition de la phase aigüe, le cheval se met à boiter, en général à chaud. Cette tendinite peut être chronique avec une déformation faiblement visible. L’échographie témoignera alors d’un épaississement du tendon.
- La tendinite du tendon fléchisseur profond touche davantage les antérieurs que les postérieurs. Au niveau du canon, la bride carpienne est souvent lésée mais dans la majeure partie des cas, les lésions de ce tendon sont situées sous le boulet.
Les signes cliniques pouvant être observés sont alors :
- Une boiterie chronique, davantage marquée sur le cercle dont la main coïncide avec la lésion ;
- Le pied correspondant est atrophié, plus étroit et plus haut que l’opposé ;
- Le cheval tient son membre douloureux en général en avant de l’autre lorsqu’il est à l’appui ;
- L’arrière du paturon ou le creux du paturon peuvent apparaître gonflés.
Si c’est la bride carpienne qui est lésée, le membre pourra être déformé davantage sur les cotés, être chaud et douloureux au niveau du canon.
Pour diagnostiquer une tendinite à votre cheval, le vétérinaire pourra s’appuyer en plus de la clinique sur :
- Des anesthésies tronculaires du membre qui sont une série d’anesthésies locales remontant du pied vers le genou. Le lieu d’anesthésie qui permet la disparition de la boiterie permet de déterminer la zone à l’origine de la boiterie.
- L’échographie, cette technique a l’avantage d’identifier la lésion.
- La radiographie, dans de rares cas sévères.
- L’IRM qui reste l’examen de choix pour effectuer un diagnostic précis et fiable, d’autant plus recommandé lorsque la boiterie est chronique, mais dont l’inconvénient est son coût (aux alentours de 1000€).
Quelles sont les causes de la tendinite cheval ?
Des facteurs peuvent influencer l’apparition d’une tendinite, quelle qu’elle soit :
- Un sol trop profond à l’origine d’une hyper-extension du boulet ;
- Un travail excessif et trop intensif ;
- Une ferrure non adaptée au cheval, alors très contraignante pour ses tendons ;
- Un défaut d’aplomb rendant le cheval prédisposé aux tendinites ;
- Une boiterie de l’autre membre, sensibilisant le membre sain qui doit supporter plus de poids ;
- Un traumatisme ;
- Une longue période sans aucune contrainte ;
- Un poids trop important ;
- Un cheval âgé ayant été mis au travail il y a quelques temps. Il est plus à même d’avoir une tendinite et de récidiver.
La tendinite du fléchisseur superficiel est due principalement à l’effort, des guêtres ou bandes trop serrées peuvent en être également la cause. La tendinite du fléchisseur profond, quand à elle, est principalement due à une fatigue chronique du tendon liée à un travail répété ou encore à des chocs liés à la pratique du jumping.
Comment traiter une tendinite chez le cheval ?
Dès le diagnostic d’une tendinite, une mise au repos est systématiquement préconisée. Les modalités peuvent varier selon la gravité et vous seront détaillées par votre vétérinaire (repos strict ou activité modérée, durée…). Dans tous les cas, veillez à adapter les rations en conséquence. Lors d’une tendinite du fléchisseur profond, le repos préconisé est de minimum trois mois dans la plupart des cas. Lors d’une tendinite du fléchisseur superficiel, un repos strict d’un mois environ est prescrit. Il faut savoir que la cicatrisation d’un tendon est longue. Elle se fait en plusieurs phases. De plus, il faut être conscient que l’on ne retrouvera pas totalement les capacités élastiques du tendon lésé.
Cependant, le repos seul ne suffit pas. La tendinite nécessite plusieurs autres axes de traitement, qui peuvent varier selon le tendon atteint :
- Un traitement médical à proprement dit qui consiste d’abord en l’administration d’anti-inflammatoires et d’anti-douleurs. La gestion de l’inflammation est importante pour ne pas aggraver les lésions.
- Des soins locaux peuvent également être prescrits par le vétérinaire si la lésion est située au niveau du canon ou du paturon (appliquer du froid au début puis des vésicatoires, mais cette méthode est contestée).
- Du Tildren peut également être prescrit dans certains cas de tendinites du fléchisseur profond associées à un syndrome naviculaire.
- Mettre en place une ferrure adaptée permettant de relever les talons du cheval et ainsi le soulager.
De plus, pour une tendinite du fléchisseur profond, un fer à l’envers ou un egg-bar-shoe est alors recommandé. Un parage court en pince diminue également les contraintes. Pour une tendinite du fléchisseur superficiel, il sera préférable de mettre un fer avec une pince assez couverte et des branches minces assurant l’enfoncement des talons dans le sol et favorisant la sollicitation sur le fléchisseur profond.
Par ailleurs, lors de graves atteintes du tendon fléchisseur profond, le vétérinaire peut envisager la réalisation d’une névrectomie (couper le nerf sensitif associé) atténuant totalement la douleur ressentie dans le pied. Cependant, cela induit une mise à la retraite et cette technique est discutée. Un traitement chirurgical est également possible pour traiter la tendinite du fléchisseur superficiel (le styletting) mais est très contesté. Renseignez vous auprès de votre vétérinaire afin qu’il vous propose la solution la plus adaptée à votre profil et celui de votre cheval.
Lorsque les lésions sont accessibles, des cellules souches peuvent également être injectées dans le tendon. Des thérapies aux ondes de choc ou au laser peuvent aussi être préconisées afin de remettre progressivement le tendon sous tension. Du PRP, c’est à dire du plasma enrichi en plaquettes contenant de nombreux facteurs de croissance, peut être utilisé dans les premiers jours pour aider à la cicatrisation.
Enfin, des compléments alimentaires favorisant la cicatrisation peuvent être distribués. De même, d’après les gens de chevaux, de l’argile appliquée en cataplasme faciliterait la cicatrisation.
Dans tous les cas, la reprise du travail doit se faire progressivement et sous contrôle vétérinaire. La rééducation passe d’abord par du pas puis du trot alterné avec du pas, puis du galop, le tout sur sol ferme ou dur. Enfin, le cheval peut retravailler correctement. Les durées de ces différentes phases vous seront données par votre vétérinaire. Une rééducation correctement réalisée est primordiale pour prévenir de possibles récidives qui peuvent stopper la carrière sportive du cheval. De même, il sera important de faire attention aux terrains. Lors de tendinite du fléchisseur profond, le travail normal peut, dans certains cas, être repris dès six mois tandis que deux ans pourront s’écouler avant la reprise d’un travail normal pour les tendinites du tendon fléchisseur superficiel.
Comment prévenir les tendinites chez le cheval ?
Pour éviter l’apparition de tendinite, l’important est de bien gérer le travail du cheval (ni trop intensif, ni trop faible, précédé d’un bon échauffement au pas) sur un sol de qualité, ni trop dur ni trop profond. Il est également primordial de ne jamais faire travailler un cheval n’ayant pas été referré depuis plus de six semaines.
Pensez à vérifier les membres de votre cheval régulièrement. Au moindre doute, contactez votre vétérinaire. La gestion rapide d’une tendinite est importante pour éviter toute aggravation et limiter l’inflammation. N’oubliez pas, une bonne rééducation progressive est cruciale, alors soyez patients et vous retrouverez en général votre cheval en pleine forme.
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